Code de déontologie des compagnons des arts psychanalytiques
Préambule
L’association des compagnons des arts psychanalytiques rassemble des psychanalystes, des artistes et toutes celles et ceux qui s’intéressent à l’inconscient dans ses manifestations singulières comme dans ses expressions collectives. Les compagnons des arts psychanalytique (CÅP) entendent incarner les valeurs de compagnonnage, de solidarité et d’exigence partagée.
L’association défend une posture ouverte, rigoureuse et contemporaine, attentive aux liens entre l’humain et la société, au pluralisme des approches, au dialogue entre les expériences, et à l’accueil des interprétations.
Cette charte fixe le cadre commun qui oriente l’action de l’association et les engagements de ses membres (les compagnons).
L’association se donne pour intention de…
1. Cultiver un regard ouvert sur le monde.
En soutenant une pensée, une activité créatrice et une pratique en prise avec les réalités humaines, culturelles et sociales de notre temps, l’association cultive le dialogue entre vie psychique et lien social.
2. Défendre un pluralisme vivant.
L’association reconnaît la diversité des parcours, des sensibilités, des références et des pratiques. Elle fait du pluralisme une richesse dès lors qu’il s’inscrit dans un cadre de rigueur, de respect et de responsabilité.
3. Faire vivre le dialogue.
La rencontre entre points de vue, disciplines, générations et expériences est toujours encouragée et s’accomplit dans un esprit de conversation, de travail commun et de débat respectueux.
4. Accueillir la diversité des formes de l’inconscient.
L’association reconnaît que l’inconscient se manifeste de multiples façons. Elle soutient une approche attentive à cette complexité, sans réduction ni simplification.
5. Garantir un cadre éthique clair.
Cet engagement éthique entend affirmer des repères lisibles pour la pratique, la transmission, les échanges entre membres et les prises de parole publiques menées en son nom.
6. Défendre la dignité et la singularité de chacun.
L’association reconnaît chaque personne dans son histoire, sa parole, sa liberté et sa complexité. Elle refuse toute exclusion, stigmatisation ou réduction de l’autre à une catégorie.
7. Promouvoir l’accueil et la non-discrimination.
L’association des compagnons s’engage à faire vivre un espace respectueux, ouvert à tous, sans discrimination liées à l’apparence physique, l’âge, l’état de santé, l’appartenance ou non à une prétendue race, l’appartenance ou non à une nation, le sexe, l’identité de genre, l’orientation sexuelle, la grossesse, le handicap, l’origine, la religion, la domiciliation bancaire, les opinions politiques, les opinions philosophiques, la situation de famille, les caractéristiques génétiques, les mœurs, le patronyme, les activités syndicales, le lieu de résidence, l’appartenance ou non à une ethnie, la perte d’autonomie, la capacité à s’exprimer dans une langue étrangère, la vulnérabilité résultant de sa situation économique.
8. Protéger la confidentialité.
La confidentialité est une exigence centrale de la pratique analytique et des échanges cliniques, elle s’applique également aux travaux collectifs et au traitement des procédures internes.
9. Prévenir les abus et les situations d’emprise.
Toute forme d’exploitation affective, sexuelle, financière, idéologique, institutionnelle ou symbolique dans les relations professionnelles et associatives est fermement condamnée.
10. Soutenir la formation et l’élaboration continues.
L’association valorise la curiosité intellectuelle, l’analyse personnelle, la formation, la lecture, la recherche, la supervision, le travail entre pairs et l’actualisation continue de la réflexion clinique, artistique et éthique.
11. Encourager la transmission, la recherche et la création.
Les initiatives qui mettent en dialogue la psychanalyse avec la pensée, l’écriture, l’art, la culture et les enjeux de société sont largement encouragées, dans un esprit d’ouverture et d’exigence.
12. Faire du collectif un lieu de confiance.
L’association s’engage à faire vivre une culture de collégialité, de circulation de la parole, de coopération et de régulation, afin que chacun puisse y trouver sa place.
Les membres de l’association s’engagent à…
1. Respecter la dignité, la liberté et la singularité des personnes.
Chaque compagnon s’engage à accueillir l’autre avec respect, sans jugement réducteur, en reconnaissant la complexité de son histoire, de sa parole et de sa position subjective.
2. Exercer sans discrimination.
Chaque compagnon s’interdit toute attitude, parole ou pratique discriminatoire, dans le cadre clinique, associatif, pédagogique ou public.
3. Tenir un cadre clair et fiable.
Le compagnon s’engage à poser et maintenir un cadre compréhensible, stable et honnête dans sa pratique comme dans ses engagements au sein de l’association.
4. Respecter strictement la confidentialité.
Le compagnon protège les informations confiées dans la pratique, dans les échanges entre pairs et dans la vie de l’association, y compris dans les usages numériques.
5. Refuser toute forme d’emprise.
Le compagnon s’interdit d’utiliser sa position pour dominer, influencer, séduire, intimider ou tirer avantage d’une relation de confiance, de dépendance ou de vulnérabilité.
6. S’interdire toute exploitation dans les relations entre membres.
Aucune exploitation affective, sexuelle, financière, narcissique, idéologique ou sociale de la relation n’est compatible avec les engagements de l’association.
7. Pratiquer avec retenue, écoute et responsabilité.
Le compagnon s’engage à ne pas imposer ses convictions, à ne pas parler à la place d’un autre sujet que lui-même, à ne pas chercher l’effet ou la maîtrise au détriment du travail d’élaboration. Il assume la pleine responsabilité de sa parole et de ses écrits, jusque dans l’usage des outils numériques ou l’anonymat d’Internet.
8. Accueillir la pluralité des formes de l’inconscient.
Le compagnon reconnaît que les manifestations de l’inconscient ne se laissent pas enfermer dans des schémas uniques. Il travaille avec nuance, rigueur et disponibilité, au plus près de chaque singularité.
9. Informer avec loyauté.
Le compagnon est toujours capable de présenter clairement les conditions de son travail, le cadre et les modalités pratiques.
10. Reconnaître les limites de sa compétence.
Le compagnon s’engage à maintenir sa formation, à interroger sa pratique, à demander appui si nécessaire et à orienter lorsque la situation l’exige.
11. Contribuer à la qualité du dialogue collectif.
Chaque compagnon prend part à la vie associative avec sérieux, courtoisie, sens des responsabilités et respect des désaccords. Il contribue à faire de l’association un lieu de travail vivant, ouvert et fécond.
12. Porter l’esprit des compagnons des arts psychanalytiques.
Par sa pratique, sa parole et sa présence, chaque compagnon contribue à faire vivre une association solidaire, exigeante, pluraliste et en dialogue avec la société.
Conclusion
Cette charte affirme une exigence simple et décisive : l’éthique n’est pas un complément de la pratique, mais sa condition. Elle engage l’association, comme chacun des compagnons qui la constituent et la font exister, à protéger la parole, à respecter les personnes, à prévenir les abus, à soutenir la responsabilité et à faire vivre un cadre de travail digne de la confiance qu’il appelle.
